Croisière gastro à Paris

Si la France est le pays incontesté de la gastronomie, la Belgique occupe néanmoins une place de choix en la matière. Cela nous a été confirmé, une nouvelle fois, cet été, au pays même de Marie-Antoine Carême et de Joël Robuchon, par l’escapade gastronomique organisée par Croisi Europe et Touring.

On le sait, la compagnie Croisi Europe est habituée aux croisières à thèmes sur les eaux du vieux continent. A la tête d’une flottille de vingt-huit bateaux, elle propose régulièrement de découvrir, au gré des destinations et au fil de l’eau, différents aspects de la culture européenne au travers de la musique, de l’histoire, du golf, ou encore de l’œnologie. Il s’agissait, dès lors, du partenaire idéal pour Touring qui souhaitait proposer à ses membres une escapade gourmande au cœur de la capitale française.

 

Pour mener à bien l’aventure, deux chefs talentueux furent choisis pour prendre possession des cuisines : Jean-Michel Dienst et son fils Max, du restaurant « Les Pieds dans le Plat » à Marenne.

Ce choix n’est d’ailleurs pas anodin : le chef propose déjà depuis quelques années de succulentes recettes dans le mensuel de Touring … Préférant la véritable cuisine à la moléculaire, qu’il considère comme de l’esbroufe, et appréciant particulièrement les vins du Sud de la France, Condrieu en tête, Jean-Michel nous a concocté trois beaux repas autour des produits qui lui sont chers. Il s’est régalé à travailler le foie gras poêlé, froid ou en sauce, le ris de veau, le homard ou encore la truffe d’été.

Ainsi, le premier soir, nous dégustons, notamment, une succulente bouillabaisse revisitée et un étonnant ris de veau de cœur braisé sur sa fine tartelette tricolore, accompagné d’un Cruse 2012 (Bordeaux). Ce plat est souligné par un jus d’origan parfaitement assaisonné. Une telle entrée en matière augure un délicieux séjour. Ceci nous est d’ailleurs confirmé par le dessert :  une pêche de vigne sur un Rasteau et sa coupe de fruits rouges. Le repas terminé, nous nous dirigeons vers le salon pour assister à un spectacle de cabaret qui nous transporte, le temps d’une chaude soirée estivale, au cœur de Pigalle. Nous regagnons ensuite notre cabine, confortable et fonctionnelle, sur des airs de Joséphine Baker … Petit conseil : les cabines du pont supérieur sont les mieux indiquées pour une croisière sur la Seine, car, lorsque le bateau est à quai, la vue y est plus dégagée …

Le samedi matin, nous décidons de flâner près du Sacré Cœur, d’où la vue sur Paris est imprenable. Après quelques déambulations dans les ruelles du vieux Montmartre, grouillant de touristes, c’est les papilles aiguisées que nous rejoignons notre navire, amarré au pied de la Tour Effel.

En bavardant avec nos voisins de table, nous découvrons que le chef Dienst a su fidéliser une belle clientèle de gourmets qui a fait le déplacement jusqu’ici pour déguster sa cuisine. On comprend aisément leur fidélité en goutant aux plats qui se succèdent …

S’enchaînent ainsi une poêlée de Rigatoni au foie gras et truffes d’été, acclamée par tous pour son équilibre parfait, et un poulet de Bresse cuit à basse température et servi dans un bouillon de basilic. L’ananas rôti au rhum, digeste et léger, est le dessert idéal pour clore ce menu. Inutile de préciser qu’après de tels mets, l’après-midi ne peut qu’être radieux.

Et c’est justement repu et plein d’aise que nous décidons de musarder dans le cœur de la cité. Au gré des boutiques du Marais, à côté du ventre de Paris, bat le cœur de la ville. S’y côtoient les créateurs, parfumeurs, designers, pâtissiers et bouquinistes : les modes se font et se défont le long des rues Vieille du Temple, des Archives et des Rosiers.

Le soleil déclinant, nous remontons à bord afin de s’attabler pour la cène de ce voyage. Largage des amarres et place à un spectacle éblouissant… Ne sachant plus où donner de la tête, les yeux de tous, émerveillés, vont et viennent des assiettes superbement dressées aux rives de la Seine défilant lors de la traversée de Paris.

Dans l’assiette et en bouche, les saveurs explosent : une cassolette de homard riche en goût, un turbot poché fondant dans son beurre breton demi-sel et sa déclinaison de tomates multicolores, ou encore la surprenante estouffade de pigeonneau au chou farci de foie gras, accompagné d’un Château Laborde 2010 (Haut Médoc) très classique. En point d’orgue, un croustillant de chèvre sur un chutney de paprika nous est proposé, suivi d’une figue rôtie sur un gratin de frangipane et son parfait vanille. La maestria des chefs est confirmée : tout est délicieux.

Ce diner de gala achevé, c’est confortablement installés sur le pont supérieur que nous glissons sur l’eau pour admirer les plus beaux monuments de la Ville Lumière. Sous un ciel d’été étoilé, nous adminrons les berges de la Seine qui accueillent ce soir-là une foule bigarrée venue célébrer la vie. C’est ce spectacle magique et enivrant que nous emportons avec nous pour une ultime nuit de songes à Lutèce.

Le dimanche matin, nous quittons à regret l’équipage, absolument charmant, et les autres passagers, heureux d’avoir partagé ensemble un moment privilégié.

Cette croisière gastronomique à Paris est incontestablement une réussite.

Elle l’est d’abord pour Jean-Michel Dienst et son fils, qui ont officié pour la première fois à bord d’un bateau, dans des cuisines qu’ils ne connaissaient pas, et ont néanmoins servi trois repas de grande qualité. On les applaudit sans réserve pour leurs excellentes prestations, en leur pardonnant évidemment de légères imperfections au niveau des cuissons.

Elle l’est ensuite et surtout dans le cœur des passagers dont l’enthousiasme est communicatif : tous sont ravis d’avoir vécu un week-end hors du temps. Il s’agit en effet d’une façon fort sympathique de visiter Paris, même si un jour supplémentaire eut été idéal pour profiter d’avantage du navire et de la ville.

Laissant le MS Seine Princess derrière nous, on foule à nouveau les pavés le sourire aux lèvres car on sait, sans l’ombre d’un doute, qu’on reviendra voguer sur ces eaux aux couleurs de l’histoire, persuadé qu’il existe au-delà des mers, là-bas sous le ciel clair, une cité au séjour enchanté*,

*Joséphine Baker, J’ai deux amours

 

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